Au Chatelier – Une petite ferme française


« Au Chatelier »

Le Chatelier, c’est un lieu-dit de la commune de Couffé, en Loire-Atlantique, à 30 km à l’est de Nantes. C’est là que j’ai grandi. Après le lycée, j’ai voulu découvrir le monde, voyager et vivre à l’étranger. Photographe autodidacte, mes sujets de prédilection sont la jeunesse des quartiers populaires, principalement au Mexique, mais aussi en Amérique Centrale et aux Philippines. J’ai également développé plusieurs projets dans des quartiers français, à Nantes et à Grenoble. Mais pour ce thème «France/Regard», c’est une série inédite sur mes origines et la vie humble dans une petite exploitation agricole française que j’ai voulu vous proposer. Ces photographies ont été réalisées entre 2008 et 2016.

Le Chatelier, c’est un peu une école de la vie et de la débrouille. On apprend à bricoler, récupérer, construire, élever des animaux et on est en rapport constant avec la nature. On apprend à ne pas gaspiller et à trouver une nouvelle vie à des objets qui paraissent usagés. C’est une petite exploitation agricole artisanale et familiale comme on n’en voit plus beaucoup, qui est elle-aussi amenée à disparaître. Avoir une ferme et être agriculteur, c’est un engagement de vie. Ce travail usant ne permettra jamais de devenir riche. Mais le plus important, c’est cette qualité de vie dont peu ont la chance de bénéficier, ces grands espaces, cette nature, cette tranquillité.

Mon père, Thierry Fayolle, est tout seul à faire fonctionner la ferme. Il est souvent aidé par ma mère, Régine, qui est vendeuse dans une boutique à Ancenis. Tous les jours, de 15h à 22h, il part travailler en tant que cariste dans une entreprise de transport de la banlieue nantaise. Ce deuxième emploi, complètement alimentaire, est nécessaire pour continuer à garder la ferme, qui n’est pas vraiment rentable… Et puis, il récupère des palettes, qu’il répare pour revendre ou pour s’en servir de bois de chauffage. Thierry part bientôt à la retraite, mais cela ne l’empêchera pas de continuer ses activités à la ferme. C’est sa vie, comme celle de Régine. Ma soeur et moi n’avons pas choisi de reprendre la ferme. C’est peut-être son jeune fils, Sacha, qui un jour prochain reprendrait ce patrimoine et ce métier?

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